Marqué par les tensions religieuses, l’âge baroque apparaît aussi comme l’âge d’or de la parole prophétique. Lorsque la voix de Dieu se fait entendre au théâtre se pose bien sûr la question de la représentation de l’irreprésentable, du divin. Quand elle est véhiculée par la poésie, c’est souvent par le truchement d’un poète qui se considère lui-même comme un prophète (Jean de La Ceppède, Milton), et, dans sa contribution, Claire Gheeraert-Graffeuille s’intéresse à la poésie féminine anglaise du XVIIe siècle.
[...]
Non sans ironie, Shakespeare souligne le caractère subversif et séditieux des prophéties, et établit des parallèles avec les tensions contemporaines (ainsi Jack Cade peut être rapproché de William Hacket, un « rebelle » qui prêcha la « nouvelle Réforme »). Au final, le dramaturge démythifie l’idée de « dessein de la providence », en brouillant le langage prophétique : ainsi, des prédictions ne se réalisent pas, d’autres sont rendues incompréhensibles, alors qu’elles peuvent signifier alternativement deux choses totalement différentes.
http://www.fabula.org/revue/document5078.php


News